Durant mon séjour sur l’île de beauté, j’ai pensé à mes lecteurs chéris. C’est pourquoi j’ai testé pour vous : le cinéma Empire d’Ajaccio. Je vous donne le ton tout de suite : oubliez-en tout de suite le nom car mes espérances ne furent point comblées, les pauvres. Et attention, grande première pour cet article : je vous ai ramené plein d’images (notamment grâce à la généreuse collaboration de mon frère préféré).
J’ai longtemps cru qu’on ne pouvait pas faire pire que les petites salles de Saint-Benoît à l’île de la Réunion. Sachez que j’ai cru à tort. Le fait qu’il n’y ait qu’un film à l’affiche ne me choque pas et faire la file dehors, à l’ancienne, n’est pas non plus un problème. Patientant sagement devant les grilles (oui, vous avez bien lu), j’ignorais encore alors que j’allais pénétrer dans le temple old school du 7ème art.

Après une dizaine de minutes d’attente, deux seniors viennent nous ouvrir… Pour finalement nous dire de rester dehors. C’est que leurs camarades les caissières ne sont pas encore prêtes ! Quand je vois ces deux dernières débarquer et que je constate qu’elles sont du même âge, je me demande s’ils ne géreraient pas le cinéma en échange d’une occupation gratuite des apparts du dessus. Anyway. Pour passer le temps, mes yeux vagabondent et tombent sur une pancarte à l’intérieur annonçant « Mezzanine 10€ ». Rien de bizarre a priori puisque le lieu semble également servir de théâtre à ses heures perdues. Comme je suis une petite comique (quel humour exquis !), je file un coup de coude au frérot et plaisante : « T’as vu, il y a des prix différents ! On pourra s’asseoir au balcon, au 1er rang, tout derrière… Tu crois que c’est quoi le moins cher ? ». Ben j’aurais pas trop dû rire parce que c’est vraiment comme ça que cela se passe : c’est 10€ (non, je n’oserai plus me plaindre des prix du Kinépolis) pour la mezzanine et 9€ pour le balcon (qui s’est avéré être le parterre – non, ne me demandez pas d’explications) !

Mais combien doivent payer quatre personnes qui souhaitent une place à 10€ ? Arrêtez de faire vos intellos, c’est pas si simple ! C’est pourquoi nos deux caissières ont chacune droit à une table de multiplication de 9 et 10 dans leur guichet. Un guichet regorgeant de trésors dignes de ceux que l’on peut trouver dans son grenier : une pile de vieux magazines (plus vieux que ceux que vous gardez dans vos toilettes), un bon gros téléphone vintage et le must est sans doute la caisse qui, avec ses gros boutons ronds, n’est pas sans me rappeler celle de mon enfance avec laquelle je jouais avec ma cousine à être la plus tyrannique des vendeuses. Et je ne pourrais finir ce paragraphe sans aborder le sujet primordial du ticket, tout à fait à la hauteur du reste : vieux, sans film ni date ni prix (ben oui, c’est la crise !), arraché d’un rouleau poussiéreux qui doit trainer dans un placard depuis des lustres. Le dit ticket sera déchiré à l’entrée de la salle par… la caissière voyons ! Admirez cette polyvalence ! Très sincèrement, moi, j’en reste sans voix.



Alors, qu’est-ce que vous faites quand vous avez enfin pénétré dans le fameux complexe ? Vous achetez des popcorns ! J’espère que vous êtes conscients de votre chance car les Corses, eux, n’y ont pas droit : ils se prennent un Snickers au distributeur. Une bête cochonnerie super vite expédiée. Quelle abomination de ne pas pouvoir se goinfrer tout au long du film ! Puis, il y a un bar aussi. Tenu par un barman fantôme. Et des fauteuils affreux, en velours brun, du genre ceux que l’on peut trouver chez le docteur des films d’horreurs, vous savez, ce médecin qui vous inspire pas du tout confiance tant sa salle d’attente est déjà crade.

Bon, c’est pas tout ça mais faut bien que je sois un peu positive aussi. Au ciné Empire, on sait pas à quelle époque ils sont, mais il y avait déjà de la pub… Sans son et sans animation : les annonces sont présentées textuellement sur une toile rouge qui cache le grand écran, avec ce bien-aimé Phil Collins, artiste intergénérationnel, en fond sonore. Cet exotisme me plait parce que je déteste ça (la pub, pas Phil voyons). Et autant dire que, dès lors, je sais d’ores et déjà que je n’aurai pas droit à un spot préconisant à tous les spectateurs d’éteindre leur portable. D’ailleurs, niveau nouvelles technologies, on dirait pas comme ça, mais ils sont pas tellement en retard : je peux capter un réseau wifi dans la salle ! A cette découverte, je me sens toute de joie, vous vous en doutez bien. En plus, pour ponctuer le tout, l’air co était lui aussi invité !

Sinon, pour les curieux, j’ai été voir Harry Potter & le Prince de Sang-Mêlé. Donc, en quelques mots pour vous : VF, trop long, ennuyeux et fin plus qu’abrégée, bullsh*t. Pourtant, je suis toujours très gentille avec les adaptations de livres et ne tiens jamais rigueur aux réalisateurs s’ils décident de prendre des raccourcis. Anyway bis.
En conclusion, je dirais que, si on y réfléchit, le cinéma Empire porte bien son nom : c’est une véritable antiquité.
P.S. : Désolée pour les photos. De toute façon, j’avais promis la quantité et non la qualité. Et puis, c’est un peu du journalisme d’investigation que je viens de vous offrir alors c’est bon: plaignez-vous pas !