La veille, je me suis gavée comme une oie. Maman avait inventé une nouvelle recette et elle pouvait être fière parce qu’on s’était tous resservis, laissant le plat dans le même état qu’il se doit de l’être dans le buffet : vide et propre. Puis, comme tous les soirs, j’ai eu droit à l’un de ses délires dont elle seule a le secret. Hier, 2 mois et 15 jours après avoir soufflé mes 20 bougies, elle a amené à table un immense tiramisu surmonté d’une bougie chantante et d’une plaquette « Joyeux anniversaire » à mon attention. Ca l’a fait rire, et moi aussi. C’était un peu le clou des spectacles idiots qu’elle m’offre assez régulièrement avant d’aller dormir, ceux-là mêmes que j’ai clamés ne sûrement pas regretter une fois en Suède. Elle disait que j’avais tort et elle avait raison. Parce que cette nuit, dans mon lit, à 3h du matin, j’avais les yeux grands ouverts. Il en était de même encore une heure plus tard. Et à 6h31, me voilà pleinement victime d’une insomnie, après m’être faite refoulée en frappant à la porte de Morphée.

J’aurais aimé que mes paupières soient lourdes mais c’est mon ventre qui porte un poids (ceci n’est pas une métaphore pour exprimer mon excès pondéral ou une grossesse imaginaire). Peut-être les conséquences du gavage se font-elles sentir. Ou peut-être est-ce mon cœur qui, tellement lourd, me pèse sur l’estomac.

Depuis un peu plus de 3h maintenant, je ne cesse de ressasser des détails importants pour mon voyage, de graver dans un coin de ma tête mes derniers souvenirs à Bruxelles et de me demander si je dois révéler – ou non – à certaines personnes toute l’importance qu’elles ont pour moi. Sans doute la faute à cet ami qui semble à chaque fois fantasmer sur ma mort dans un crash en avion à chacune de mes escapades.

J’ai passé ces derniers jours à gémir que les gens se comportaient comme si j’allais crever. Mais, en vérité, c’est moi qui ai commencé. Et si ce départ prend une tournure trop dramatique, j’en suis sûrement responsable quelque part, que cela me plaise ou non.

Le monde s’est empressé de me voir. Je devrais me réjouir, mais cela m’effraie plus qu’autre chose. J’ai eu l’impression d’être sur mon lit de mort, observant dans les yeux, les mots et les gestes de mes proches des choses que je n’avais jamais remarquées auparavant. Je me dis que, peut-être, finalement, je manque aux gens, parfois. Peut-être que cela arrive à l’un d’entre eux de penser à moi, un dimanche pluvieux, comme cela m’arrive souvent de penser à eux, d’imaginer leur dire tout haut des choses que je pense tout bas et qu’on exprime que très rarement, souvent trop tard.

Hier soir, Maman a murmuré en mangeant la moitié de sa phrase : « J’ai jamais vu une fille aussi heureuse de partir de chez elle ». Je croyais que, plus que quiconque, elle savait tout ce que l’on pouvait cacher derrière un sourire. Jouer des zygomatiques est la parade que j’estime la plus efficace pour effacer tout ce pseudo-drame créé autour de mon départ. Mais on dit que le rire est bien proche des larmes.

C’est d’ailleurs pour ça que ça me fait complètement flipper qu’un connard ait eu l’idée stupide de venir me voir à l’aéroport: je panique à l’idée que quelqu’un puisse assister à mes prouesses lacrymales extrêmement rares. J’ai déjà cédé une fois ce week-end, sous l’insistance d’une fille un peu dingue et sans doute un peu sadique aussi; même que je soupçonne le crime prémédité tellement ses mots étaient trop bien choisis.

Je sais que nombreuses sont les personnes qui aimeraient mourir un instant, juste pour goûter aux réactions de leurs famille et amis. Et j’ai la solution: barrez-vous 5 mois à l’étranger. Je vous assure que c’est presque une petite mort. Je faisais partie de ces personnes et je n’en suis plus depuis les récents événements. C’est juste effrayant : j’ai l’impression de les abandonner pour toujours. Ils me font tous des adieux et je me serais bien contentée d’un au revoir.

• Je ne prends plus qu’une douche par jour.
• Je ne me brosse les dents plus qu’une fois par jour.
• Je ne me suis pas lavé les cheveux depuis presque deux semaines.
• J’économise le chauffage car je passe mes journées blottie sous deux couvertures.
• Je fournis moins de déchets puisque je ne me nourris plus que d’un thé vert et un repas par jour.
• J’économise de la poudre à lessiver car je passe ma vie en pyjama ou en jogging (ou sa variante qui est le collant de grand-mère) et vieux t-shirt.
• J’économise de l’électricité et de l’eau parce que l’aspirateur et la serpillière n’ont pas rendu visite à ma chambre depuis deux semaines.
• Ou pas. Pour l’électricité. Parce que, comme mon petit frère me l’a si bien fait remarquer : ça fait une éternité que je n’ai plus ouvert mes rideaux. Remarque : même si je les ouvrais, les lumières se retrouveraient allumées tellement il fait gris dehors.
• Je réduis les nuisances sonores car, étant enfermée dans ma chambre 22/24h, je n’ai plus le loisir d’emmerder Maman & donc de lui offrir la possibilité d’user ses cordes vocales.
• Ou pas. Parce que John Mayer, Marc Broussard, Alicia Keys, Soundgarden, Jason Derulo & En Vogue s’invitent toujours à mes pauses. Et pour qu’ils se sentent moins seuls, j’ai souvent envie de les accompagner.

Conclusion n°1 : je suis une grosse dégueulasse.
Conclusion n°2 : le blocus est une conspiration des écolos pour réduire ma consommation d’énergie… mais aussi mon confort de vie. Notez que cela me sert d’excuse pour la conclusion n°1.

Sinon, j’ai décidé de vous épargner toute vision d’horreur en évitant d’illustrer ce post. J’ai préféré vous offrir un peu de Marc Broussard, qui enjolive ces durs temps de révision avec sa voix de velours.

Publié par : cinnam0n | 27 décembre 2009

Now I’m speechless, over the edge, I’m just breathless.

Je vous épargne le résumé des épisodes précédents et reprends donc mon récit à l’après conférence de presse. En brave sœur que je suis, j’encourage les rêves de groupie de ma cadette en lui envoyant un sms pour lui dire de ramener ses fesses devant l’hôtel si elle veut avoir une chance de s’évanouir ou de fondre en larmes genre c’est le plus beau jour de toute sa vie. Et je ne croyais pas si bien dire. Après avoir déçu toutes les grands-mères pensant voir apparaître K3 en leur disant que ce serait les Jonas Brothers, et failli me taper une honte monumentale à la télé interviewée par Thomas Ancora, la petite vit enfin son rêve éveillé. Et comme vous l’imaginez, elle a fait vœu de ne plus se laver la main droite (d’ailleurs, c’était dur pour elle au McDo après), elle était émue au possible quand Joe a répondu par un « Thank you » à son « I love you » (perso, j’aurais pas apprécié : ça, c’est du râteau intersidéral) & elle a bien évidemment déclaré « Tu vois, quand à Walibi après avoir fait le Vampire j’ai dit que j’avais encore tant de choses à vivre ? Ben c’était vrai ! » suivi du fameux « C’était le plus beau jour de ma vie ».

On s’est longtemps foutu de sa tête mais je faisais à pire à son âge, écrivant des lettres à mes chanteurs préférés (non, je ne les publierai pas ici et c’est même pas la peine de me les réclamer si vous mettez les pieds dans ma chambre). Et c’était juste magique de voir toutes ces étoiles dans ses yeux. Alors, pour les voir briller encore un peu plus, j’ai tenu à ce qu’elle ait une place juste devant la scène. C’est là que la Fannette intervient, avec ses rayons laser oculaires & elle nous a presque dégoté le must. Mais bon, grave erreur : je suis à présent condamnée à rester groupie jusqu’au bout. Autour de moi : des filles, beaucoup de filles. Entre 14 et 16 ans. Plus petites, elles ont embarquées leurs parents ou la grande sœur. D’ailleurs, cette dernière tire une tronche pas très enjouée que j’aurais probablement affichée si je n’avais pas vécu les événements qui ont précédé ma présence au Sportpaleis. Plus tard, en fouillant sur le net (jusqu’au bout, je vous ai dit), je découvrirai que pas mal de filles que je qualifiais jadis de pré-pubères en chaleur étaient en réalité… des jeunes adultes en manque de chaire fraiche (on a connu meilleure cible que ce trio qui a fait vœu de chasteté). Oui, parce qu’elles sont beaucoup à avoir la vingtaine, comme moi. Je comprends mieux ce jeté de string en fin de concert… du moins, ça me rassure.

Les lumières s’éteignent et on nous offre les Valerius en première partie. Groupe pop-rock hollandais signé chez Universal, pas encore d’albums dans les bacs mais croyez-moi, quand ils débarqueront à la fin de l’hiver, ça ira très fort pour eux. Des gueules complètement télégéniques, une jolie voix, de bons arrangements et surtout adorables avec les fans et – pour l’instant – encore très accessibles. Et donc, ça donne ça :

Totally bankable. Même que ça peut aussi donner ça (et filez écouter Show’s down):

Puis vient le tour des Jonas Brothers, Joe est plus comestible que jamais et on me pète les tympans dès le premier accord de guitare, au point que j’en entends à peine la mélodie. Dieu merci, les chœurs de cris se sont calmés après la première chanson.

Et c’est maintenant le moment où vous allez prendre pitié de moi ou arrêter de lire ce blog car je vais vous avouer à quel point j’ai kiffassé ce concert. Ceux qui me connaissent savent ô combien voir des artistes sur scène est une vraie passion chez moi. J’en ai vu des dizaines se produire de Henri Dès à Star Academy 2 et de K’Maro à Diam’s, en passant par Keane, Calogero, Corneille, Britney Spears, John Legend, N*E*R*D ou plus récemment, Slum Village. J’ai écumé les plus petites salles comme les festivals. Et la seule raison pour laquelle j’ai apprécié le show des trois frères, c’est parce que de tous ces artistes – tous différents de par leur nationalité, leur genre musical, leur âge et leur expérience -, je peux vous assurer que je n’en ai jamais vus d’aussi généreux que les Jonas Brothers. Ces garçons sont exceptionnels en live, ils sont en véritable interaction avec leur public et ne prennent pas les gens pour des cons avec un discours préfabriqué qui se réduit bien souvent à « Good evening Belgium ! We are so happy to be here ! We love you ! » et punt aan de lijn. Ils s’amusent avec les spectateurs, jouent et chantent avec énormément de joie et de passion. Et ça fait juste plaisir à voir. Pas de play-back, une vraie cohésion de groupe avec tous les musiciens, des fous-rires, des cuivres, des claviers, des percussions, des guitares à foison. Je clôturais mon compte-rendu pour mon stage en disant « Malgré leur jeune âge, ceux-là n’ont décidément rien à envier aux plus grands » et je confirme. Parce qu’ils ont réussi à m’en mettre plein la vue. Et même que je suis prête à payer ma place la prochaine fois et à ne plus menacer le père de me l’offrir sous peine de voir le rêve de sa petite princesse réduit à néant.

Le lendemain, j’assistais à l’avant-première de L’étrange Noël de Mr Scrooge dans un décor complètement féérique, Disneyland staïle. Le temps d’un week-end, mon âge mental n’a pas dépassé les 14 (si pas 12) ans. Et j’ai aimé ça. Me sentir insouciante, me contenter de peu, m’exciter pour rien, retrouver ma spontanéité et rêvasser, encore et encore.

Publié par : cinnam0n | 6 décembre 2009

Hey baby, why you’re driving me mad ?

Ca y est, je suis de retour pour vous jouer un mauvais tour ! Oui parce qu’il y a quelques temps déjà, je vous avais promis un article relatant mon concert pour pré-pubères en chaleur. Je fais bien sûr allusion à la venue en Belgique des Jonas Brothers, cela va de soi voyons. Ben en fait, le truc, c’est que finalement, mon post parlera plutôt d’une post-pubère en chaleur, à savoir moi. Dès lors, vous êtes choqués, consternés, c’est 2012 en avance. Je détruis toute forme de suspense: contre toute attente, je m’avère être une fan des trois frères. Comment en suis-je arrivé là ? Sans plus attendre, offrons-nous un flashback…

Nous sommes le samedi 14 novembre, jour du lancement de la collection capsule Jimmy Choo pour H&M. Je vous préviens tout de suite: je vais m’afficher tout au long de cet article parce que, non, je n’ai pas peur du ridicule. Il est 8h45 et je suis devant H&M. Oui, j’ai fait la file comme une fashionista que je ne suis pas et, en option, il faut bien l’avouer: comme une grosse connasse. Mes amis savent en effet que je rêvais de mon sac Marc by Marc Jacobs. Sauf que mon coup de coeur est désuet: il appartient à l’ancienne collection & n’est donc plus disponible. Je me suis donc consolée en fantasmant des journées entières sur un sac Jimmy Choo. Vers 10h (oui ricanez, j’ai patienté plus d’1h sous la pluie), j’accède enfin au magasin et ce sont les yeux plein d’étoiles que je découvre les rayons chaussures & accessoires intacts. Pas une seconde, je ne me suis inquiétée de ne pas avoir reçu le fameux bracelet, sésame à la zone tant convoitée. Ben IN MY FACE, j’ai envie de dire. Pcq no bracelet, no accès. Je suis donc rentrée chez moi les mains vides (ou presque).

Journée de folie oblige, à peine dans mon home sweet home que je dois ramener mes grosses fesses à la gare: direction Anvers. Aujourd’hui, grâce à mon stage parfait, j’ai rendez-vous à l’hotel Hilton pour rencontrer les Jonas Brothers lors de leur conférence de presse. Ils parlent anglais, ils sont connus mondialement & Joe a un véritable potentiel de hottie quand je le vois dans mon petit écran: under pressure je suis. Et ça monte d’un cran une fois dans la salle, entourée de journalistes néerlandophones qui ont tous l’air de se connaître depuis 10 ans.
Le trio est sensé arriver à 14h mais il aura 30min de retard. L’attachée de presse d’Universal annonce alors que leur arrivée est imminente. Et c’est là que j’ai compris que tout avait basculé, c’était trop tard: f*ck, pourquoi mon coeur s’est-il mis à battre comme une pauvre groupie ? C’est vrai quoi, merde: okay j’étais de celles qui fredonnaient leur S.O.S. mais ça s’arrêtait là. Je me suis toujours dévouée corps et âme pour critiquer ma soeur à chaque fois qu’elle me parlait d’eux ou qu’elle voulait qu’on écoute l’album en voiture. Anyway. Donc, ils arrivent et le malheur pressenti aussi: je suis admirative. Damn. Une seule solution pour reprendre mes esprits: leur trouver un défaut. Oui parce non seulement Joe est vraiment bandant (spéciale dédicace à Fannette) mais le petit Nick est plutôt charmant également. Oui donc, le défaut: ils sont petits. 1m72 à tout casser pour le plus grand d’entre eux (non, je ne décide pas de ça à vue d’oeil, c’est juste qu’ils n’étaient pas plus grand que moi).
Petite intervention sérieuse pour ceux qui font de la comm’ et qui se sont aussi tapés le B.A.-BA de la conférence de presse en cours: oubliez tout ce qu’on vous a dit, c’est pas vrai. Les journalistes sont tout sauf polis et gentlemen: c’est la jungle, la loi du plus fort. Si tu veux poser ta question, il faudra te battre. Ou alors, opter pour la séduction. C’est ce que j’ai choisi HUM. Aaah tout le monde est intéressé maintenant, n’est-ce pas ? Ben je viens de faire de la publicité mensongère. Mais je vous explique tout de même ma technique de choc, sait-on jamais que cela serve à l’un d’entre vous (ou plutôt l’une): alors que les autres essayaient de poser au plus vite leur question en enchainant dès que l’un des Jonas avait fini sa réponse, la timide que je suis a décidé de faire en sorte que ce soit les Jonas qui me donnent la parole. Stratégie extrêmement simple et efficace: tu attends que Nick ou Joe regarde dans ta direction et hop! petite main levée de fille introvertie à l’accent anglais pitoyable, et le tour est joué. Cette méthode vous permettra ensuite de pouvoir observer en toute sérénité le grain de beauté de Nick ou de vous plonger dans le regard de Joe. Je vous avais prévenu: le mode groupie est activé.

Et en fait, la suite dans le prochain épisode parce que là je suis en train de vous faire une tartine comme les ados le lendemain du concert de leur idole, et c’est fatigant.

Publié par : cinnam0n | 25 novembre 2009

En attendant…

Les loulous, I’m really busy right now (et c’est pour accentuer mon côté femme d’affaires que cette phrase se retrouve en anglais, for suuure) mais j’ai plein de choses à vous raconter. Je pourrais vous parler de mon week-end d’attardée par exemple, ou de mon stage de la muerte, ou encore vous proposer un article modesque mega intello.

A ces mots, votre bouche dégouline probablement de salive, preuve d’une impatience tellement grande qu’elle n’est pas chose aisée à dissimuler ! Donc restez connectés !

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