Tu te souviens de parties de « loup » à courir dans un petit appartement. De parcours d’aventure aux toiles d’araignée. De parades pour éviter un bisou sur la bouche. Du gosse qui jouait à Superman, un essuie noué autour du cou et une paire de lunettes sur la tête. Des petites cuillères du service de mariage qui ont un jour toutes atterries dans la poubelle. De répliques devenues cultissimes « Tu veux une Malbo light ? ». De fous rires à n’en plus finir. De cartes postales anonymes. D’un chantage aux bonbons parce que tu ne voulais pas jouer. C’est toute ton enfance.
Avec les années et la distance, ça se perd de vue mais bien souvent, les chemins se recroisent au détour d’une communion, d’un mariage ou d’un enterrement. Parfois, tu dois tout reprendre du début, comme si tu te trouvais face à un inconnu. Tes souvenirs ne sont pas les leurs et ça construit déjà sa vie d’homme, de femme. Ça voyage en Afrique, en Autriche. Ça veut sauver des vies, de la famine ou des flammes. Ça prend ses désirs pour des réalités et ça te fait rêver. Tu prends alors conscience qu’arrive le moment pénible du « ça passe ou ça casse ». Quand ça casse, c’est la vie mais tu ne les aimes pas moins. C’est juste que, maintenant, tu les admires de loin.
C’est ton sang. Ou les souvenirs d’une vieille amitié qu’on a voulu préserver. Mais que le lien soit évident ou non, c’est la famille. Et c’est ça qui est beau.














